Doc2-Préparation chaîne

Préparation de la chaîne

Les fils longitudinaux qui servent de support ou de squelette à mon tissage, sont appelés « fils de chaîne ».

**Une fois que j’ai défini la longueur que doit avoir chaque fil de chaîne et le nombre de fils qui seront nécessaires pour obtenir la largeur souhaitée**, je peux procéder à l’ « ourdissage ».

** Se référer au : « Calcul de matière »

Ourdissage

L’ourdissage est l’étape qui permet d’avoir le bon nombre de fils, tous de la même longueur et soumis à une tension égale.

La description qui suit va décrire trois différentes méthodes :
1. L’ourdissage fil à fil
2. L’ourdissage groupé
3. Le montage direct

Ourdissage fil à fil

Pour ourdir ma chaîne j’utilise un « ourdissoir ». Il peut s’agir d’un cadre ou d’une structure qui pivote sur un axe.
Le cadre à ourdir convient à des petites chaînes de 6 à 8 mètres. Il est muni de chevilles qui peuvent être déplacées et adaptées à la longueur souhaitée.
L’ourdissoir rotatif me donne l’opportunité de préparer des chaînes beaucoup plus longues. C’est le nombre de tours que je vais effectuer qui régulera la longueur. Les points de départ et d’arrivée sont équipés de fiches qui me permettent d’effectuer des « encroix ».

Cadre à ourdir et ourdissoir rotatif ¦ Echeveau, pelote, bobines plate ou conique

Je choisi un fil de couleur différenciée qui me servira de fil témoin. Je fais une boucle à sa première extrémité puis je mesure la bonne longueur et je le coupe un peu plus loin pour effectuer une deuxième boucle. Ce fil va me permettre de définir le chemin idéal sur l’ourdissoir, pour reproduire cette longueur.

Pour que mes pelotes se dévident régulièrement et ne se prennent pas dans les meubles, je les place dans des paniers ou des pots à hauts bords. Si j’utilise des bobines, l’usage d’un « cantre » me facilitera la tâche et si je travaille à partir d’écheveaux, je les placerai dans un « dévidoir ». Les bobines coniques peuvent être placées directement sur le sol étant donné qu’elle se dévident de bas en haut.

Le premier fil de chaîne est attaché à la cheville de départ, grâce à une boucle suffisamment grande pour pouvoir y passer la main. Il effectuera ensuite un certain nombre de virages autour des chevilles. Au terme de son parcours, il formera un « encroix » autour de 2 chevilles. Il contournera enfin la cheville d’arrivée avant de repartir en sens inverse. Ma chaîne est donc formée d’un très long fil continu qui fait des allers-retours autant de fois qu’il faudra pour obtenir le nombre de fils nécessaires. Un aller-retour correspond à deux longueurs de fil.

Lorsque j’arrive au bout d’une pelote, je bloque ma chaîne à l’aide d’une pince à linge et je m’arrête soit au niveau de la première ou de la dernière cheville. Je noue cette fin de fil avec le début de la pelote suivante. Il faut absolument éviter de faire des nœuds en milieu du parcours ce qui fragilise la chaîne et gêne le tissage.

Pour compter les fils ponctuellement, je bloque à nouveau ma chaîne avec une pince à linge et je forme des groupes (par exemple tous les 20 fils), que je noue avec un fil de couleur différenciée.

Lors de l’ourdissage, les fils doivent s’aligner les uns à côté des autres mais pas se chevaucher afin d’éviter des différences de longueur. Lorsque j’ourdis le dernier fil, je fais à nouveau une boucle autour de la cheville de départ. Si le nombre de fils à ourdir est trop important, j’ourdirai séparément plusieurs sections de chaîne en suivant exactement le même parcours, tracé par le fil témoin.

Nouage de la chaîne : Il est essentiel de sécuriser la chaîne avant de la retirer de l’ourdissoir. Je vais donc préparer plusieurs longueurs de fils bien solides et nouer ma chaîne à un mètre d’intervalle, sur toute sa longueur. L’encroix sera noué 4 fois, de part et d’autre de chaque boucle pour bien les séparer. Je mettrai encore 2 liens de part et d’autre de la boucle de départ.

Nouage et chaînage des fils de chaînes

Chaînage : Je peux maintenant libérer ma chaîne progressivement. Je retire la boucle de départ de sa cheville, j’y glisse la main puis, tout en maintenant la chaîne bien tendue, j’attrape l’ensemble du faisceau de fils que je passe dans la boucle. Je répète cette action jusqu’à ce que tout l’écheveau soit chaîné. Je m’arrête cependant à une dizaine de centimètres avant l’encroix.

Passage des baguettes d’encroix : Je vais maintenant passer les baguettes entre les boucles de l’encroix et nouer les baguettes à leurs extrémités mais sans trop les serrer. Je dois pouvoir passer un doigt entre les deux baguettes. Cet espace va permettre aux fils entrecroisés de glisser plus aisément.

Ourdissage groupé ou par portée

Si j’utilise un fil fin et souhaite réaliser une certaine largeur de tissu, je vais me retrouver assez rapidement avec un nombre important de fils. Dans ce cas, l’ourdissage fil à fil s’avérerait extrêmement long et fastidieux et je vais plutôt me tourner vers la méthode de l’ourdissage par portée.

Je commence par répartir mon fil de chaîne sur un certain nombre de bobines en me basant sur le nombre de fil au cm ou au demi cm. Par exemple si j’ai 16 fils au cm, je vais travailler avec 16 bobines pour créer des portées de 1 cm ou seulement 8 bobines pour des portées d’un demi cm. Le nombre de bobines doit toujours être pair de préférence.

Je place mes bobines de part et d’autre de mon cantre de façon que les bobines de gauche se dévident dans un sens et les bobines de droite en sens inverse. Ceci régulera le déroulement des bobines. Si mon cantre dévide les bobines frontalement et qu’il est suffisamment grand pour bien espacer les fils, je peux me passer de tout autre accessoire autrement, j’utiliserai une raquette dans laquelle je passerai un fil dans chaque trou, en respectant le même ordre que celui des bobines.

J’arrange les chevilles de mon ourdissoir afin de créer deux encroix : un encroix fil à fil au début et un autre encroix par portée à la fin du parcours de ma chaîne. Afin d’être plus confortable, je place l’encroix fil à fil en haut de mon ourdissoir, avec 3 chevilles et l’encroix par portée en bas, avec 2 chevilles.

Je réunis les bouts de tous mes fils et je fais un nœud. Je sépare la mèche nouée en deux et la fixe sur la cheville n°1 du départ.

Pour créer l’encroix fil à fil, je bloque tous les fils d’une main afin de les maintenir sous tension. Avec l’autre main, j’effectue un mouvement de rotation en attrapant alternativement un fil avec le pouce et un fil avec l’index. Je procède de haut en bas avec les bobines de droite puis je poursuis de bas en haut avec les bobines de gauche. Quand j’ai pris tous les fils, je referme les doigts pour qu’ils ne s’échappent pas et je coulisse l’encroix entre les chevilles n°2 et 3.

Créer manuellement l’encroix fil à fil

Au bas de l’ourdissoir, j’effectue un encroix par portée avec tous les fils ensemble.

Encroix par portée au bas de l’ourdissoir

De retour à mon encroix fil à fil, je sépare à nouveau ma mèche entre pouce et index, coulisse l’encroix entre les 2 chevilles puis je contourne la cheville de départ avec tous les fils ensemble. Je tourne ensuite la main pour remettre le prochain encroix dans le bon sens. Entre les chevilles n°1 et 2, il se forme un faux encroix. Ceci est normal et ne posera pas de problème par la suite.

Je procède ainsi jusqu’à obtenir le nombre de fils voulus puis je noue ma chaîne au niveau de l’encroix fil à fil et tous les mètres, comme d’habitude. Dans les boucles de l’encroix par portée, je passe 2 grosses cordes de la largeur de ma chaîne.

Contrairement au processus ordinaire, je commence à chaîner depuis l’encroix fil à fil. L’encroix par portée sera fixé à l’arrière du métier. Je réparti les portées entre les crochets du râteau et commence à enrouler ma chaîne.

Lorsque j’arrive au niveau de l’encroix fil à fil, je passe deux barres d’encroix, coupe les boucles et je suis maintenant en mesure de procéder à l’enfilage dans les lisses.

L’ourdissage par portée est également particulièrement approprié lorsqu’on ourdi une chaîne polychrome répétant toujours les mêmes séquences de couleurs. Dans ce cas, je fixe une quatrième cheville au niveau de l’encroix fil à fil afin de rétablir l’ordre des couleurs.

Ordonnance des bobines sur le cantre ¦ Enfilage dans la raquette et nœud de départ ¦ Parcours de la chaîne dans l’ourdissoir.

>> Cette vidéo « Multi-strand warping » bien qu’en anglais donne une bonne idée des mouvements à effectuer.

Une autre alternative est d’utiliser un peigne envergeur pour créer les encroix fil à fil ce qui peut s’avérer plus rapide dès qu’on atteint une certaine fluidité du mouvement.

Transfert de la chaîne sur le métier

Le processus s’applique au deux méthodes d’ourdissage fil à fil ou par portée.

Du côté de l’encroix, je glisse la barre de l’ensouple arrière dans la boucle formant le fond du huit.

J’attache les barres d’encroix aux montants latéraux de mon métier afin de les maintenir suspendues. Je peux maintenant retirer les attaches de l’encroix et répartir grossièrement les boucles de la chaîne entre les sections de cordes qui tiennent la barre arrière.

Je passe le reste de la chaîne vers l’avant du métier et la fait passer au-dessus du montant le plus élevé puis je la laisse retomber sur le sol.

Répartition de la chaîne sur le râteau

Pour répartir ma chaîne, je vais utiliser un accessoire qu’on appelle un « râteau ». Il s’agit d’une lambourde de bois munie de séparations, à intervalles réguliers et d’un système empêchant les fils de ressortir de leur section.

Je fixe le râteau sur la poitrinière arrière, enroule un peu l’ensouple arrière et fais remonter les barres d’encroix.
**J’ai préalablement calculé le nombre de fils de chaîne dont j’ai besoin par centimètre**. Selon le nombre de centimètres entre chaque espacement de mon râteau, je vais introduire un certain nombre de fils dans chaque séparation.

Par exemple, il me faut 8 fils de chaîne par centimètre et les espacements de mon râteau font 2 cm. Je vais donc mettre 16 fils entre chaque séparation. Comme la largeur de ma chaîne est de 110 cm, je devrai remplir 55 sections, soit 27 d’un côté et 28 de l’autre.

** Se référer au : « Calcul de matière »

Enroulage de la chaîne

Au fur et à mesure que j’enroule les fils autour de l’ensouple arrière, je dénoue les attaches et je fais remonter les barres d’encroix. Parfois les fils ne glissent pas aisément entre les barres d’encroix. Je vais alors délicatement les écarter à la main par petits groupes.

Enroulage de la chaîne à 2 ¦ l’avant de la chaîne passe sur le montant le plus élevé ¦ râteau et ensouple arrière

L’idéal est de se faire aider par une autre personne qui se tient à l’avant du métier pour maintenir la chaîne sous tension et la lisser lorsque les fils se tordent. Autrement il faudra faire des allers-retours de l’arrière à l’avant du métier et enrouler la chaîne petit à petit après l’avoir réarrangée et vérifié la tension.

Si on laisse les fils s’empiler les uns sur les autres au fur et à mesure des tours d’ensouple, ils vont créer des creux et des bosses qui affecteront la tension.
Pour parer à cet inconvénient, j’enroulerai du papier kraft ou du papier bulle en même temps que j’enroule la chaîne ou je glisserai ponctuellement des baguettes plates.

A la fin de l’enroulage je laisse une longueur de fil libre pour effectuer le rentrage à travers les lisses et les dents du peigne.

Montage direct ou sectionnel

Le montage est appelé direct parce que la chaîne s’enroule directement depuis les bobines du cantre jusqu’à l’ensouple arrière, sans passer par un ourdissoir. Cette méthode est très pratique pour les longues chaînes. Elle assure une tension parfaitement égale et me facilite la tâche lorsque je ne dispose pas d’une autre personne pour m’aider.

Elle exige cependant un type de métier particulier, dont l’ensouple arrière est divisée en sections.
Un autre instrument appelé boîte d’encroix est nécessaire afin de régler la tension des fils et les canaliser entre chaque séparation. Un compteur est généralement incorporé à l’ensouple arrière afin d’enregistrer le nombre de tours.

Répartition et longueur de la chaîne : le nombre de fils au centimètre et le nombre de centimètres entre chaque section va déterminer le nombre de bobines que je vais devoir préparer.

La longueur de la chaîne et la circonférence de l’ensouple arrière détermineront le nombre de tours que je devrai effectuer pour obtenir la longueur voulue.

Par exemple :

Nombre de fils au cm 9
Espaces entre les sectionsx2 cm
Nombre de fils par section=18
Longueur des fils de chaîne 280 cm
Circonférence du tambour/60 cm
Nombre de tours=4.666 tours arrondis à 5
Largeur de la chaîne 76 cm
Espaces entre les sections/2 cm
Nombre de sections à ourdir=38

Préparation des bobines : Je commence par préparer le nombre de bobines nécessaires pour remplir une section d’ensouple arrière. Dans l’exemple ci-dessus, il m’en faudra 18.

Pour savoir la quantité de fil à mettre sur chaque bobine, je peux utiliser une balance.
Par exemple, le poids de ma chaîne a été évalué à 680 g. et je mets 18 fils par section.
>> Calcul : 680 gr / 18 bobines = 37,77 gr par bobine que j’arrondi à 40 gr

Je place mes bobines dans le cantre en m’assurant qu’elles se déroulent toutes dans le même sens.

Passage dans la boîte d’encroix : Je fixe la boîte d’encroix sur la poitrinière arrière. Pour faciliter le flux, j’effectue l’enfilage dans un ordre précis : je commence par les bobines de gauche et poursuis avec celles de droite, en allant à chaque fois du haut vers le bas.
Les fils passeront à travers chacun des éléments suivants :
1. le peigne de rentrage ¦ 2. le frein ¦ 3. le peigne d’encroix dans lequel je passerai alternativement 1 fil dans un espace et 1 fil dans un œillet ¦ 4. le peigne guide-fils qui dirige les fils dans chaque section. Le ruban de fils doit être légèrement plus étroit que la largeur de la section.

Passage du fil du cantre à la boîte d’encroix puis à l’ensouple sectionnelle ¦ Détail d’une boîte d’encroix

Enroulage de la chaîne : La chaîne va s’enrouler mèche par mèche et section après section.

Avant de commencer à enrouler ma première mèche, j’attache la barre aux extrémités de l’ensouple arrière afin d’éviter qu’elle ne tombe. Je commence l’ourdissage par le côté gauche en me basant sur le nombre de sections à remplir.
Par exemple 38 sections au total me donneront 19 sections depuis le centre jusqu’à l’extrémité de gauche.

Je glisse la boîte d’encroix exactement au-dessus de la dix-neuvième section. Je tire le premier ruban de 18 fils que j’attache à la barre avec un nœud plat.

Je remets le compteur à zéro ou à défaut je vais compter les tours à haute voix. Cela demande un peu de concentration et en cas de doute, il vaut mieux ajouter un tour supplémentaire car il est plus facile de couper des fils trop longs plutôt que de devoir faire des nœuds pour rattraper les longueurs manquantes.

Je règle la tension des fils au moyen du frein. (Le chanvre et le lin doivent avoir une tension plus forte).

Je commence à tourner lentement l’ensouple en veillant à ce que les fils passent bien à l’intérieur de la section et que les bobines se dévident régulièrement.

Dans le cas où une bobine est épuisée et que je doit la changer, je vais nouer la fin de l’ancien fil avec le début du nouveau afin qu’il suive exactement le même parcours puis je tire le nouveau fil jusqu’à la hauteur des autres brins et je coupe le nœud.

Pour créer l’encroix :

  • Je m’arrêter à l’avant-dernier tour, juste après la barre de l’ensouple. D’après l’exemple ci-dessus, ça correspondra au 4ème tour.
  • Je prépare 2 cordes bien épaisses dont la longueur permet de couvrir celle de l’ensouple et je les attache à l’extrémité de gauche.
  • Je tire à présent le peigne d’encroix en avant afin de séparer les fils pairs et je passe la première corde dans cet écartement.
  • Je repousse le peigne d’encroix en arrière pour soulever les fils impairs et j’y passe la seconde corde.
  • J’attache provisoirement les cordes sur la gauche afin qu’elles ne me gênent pas et je remets le peigne d’encroix dans sa position médiane.
  • J’effectue le dernier tour d’ensouple. La barre se trouve maintenant face à moi.
  • Je coupe les fils de chaîne entre le peigne guide-fils et l’ensouple et je sécurise mon ruban de fils avec un faux nœud.
  • J’attache les brins de fils à l’agrafe qui se trouve sur leur gauche avec un nœud simple facile à défaire.
  • Maintenant que j’ai complété une section, je déplace la boîte d’encroix d’un cran vers la droite, juste au-dessus de la section suivante.
  • Je remets le compteur à zéro et recommence l’opération jusqu’à ce que tous les intervalles soient remplis.
  • A la fin de l’ourdissage j’attache les ficelles d’encroix à l’extrémité de droite

Pour introduire les baguettes d’encroix : Je commence par défaire les nœuds qui retiennent mes mèches aux sections de l’ensouple. Je refais nœud au bout de chaque mèche facile à défaire. Je passe tous les bouts par-dessus la poitrinière et passe, entre chaque mèche une barre métallique assez lourde. Cette opération a pour but d’alourdir la chaîne afin de faciliter le passage des baguettes d’encroix.

Alourdir la chaîne avec une barre de fer

Je glisse très consciencieusement les baguettes d’encroix le long des ficelles. Après avoir vérifié que l’encroix a été transféré sans défaut, je noue les baguettes d’encroix à leurs extrémités et retire les cordes.

Je suspends les barres d’encroix aux montants du métier et je les fais glisser jusqu’aux cadres. Je déroule légèrement la chaîne si nécessaire.

Je peux maintenant retirer la barre qui m’a servi de poids et commencer le rentrage en lisses.

Enfilage dans les lisses

Je dois disposer d’une longueur suffisante de fil pour pouvoir atteindre la barre avant du métier et y faire des nœuds. Si la chaîne a été préparée avec un ourdissoir, il faudra couper les boucles du début.

A l’aide d’une passette, je vais rentrer les fils dans les lisses des différents cadres selon le schéma de l’armure choisie. Je commence par le milieu en allant vers la gauche puis, du milieu vers la droite. Pour la deuxième partie il me faudra inverser l’enfilage. Par exemple, 1, 2, 3, 4 deviendra 4, 3, 2, 1.

Après avoir rentré un certain nombre de fils, je fais régulièrement des faux nœuds éviter qu’ils ne ressortent des lisses.

Choix du peigne et empeignage

Si je dispose de plusieurs types de peignes, le calcul du nombre de fils par cm me permettra de choisir le peigne le plus adéquat et le nombre de fils à passer entre chaque dent. La référence gravée sur le peigne indique le nombre d’intervalles répartis sur 1 cm.

Par exemple, je dispose de 4 peignes n° 4,5 ¦ 4 ¦ 3 ¦ 2,5.
Pour 9 fils / cm, je choisirai le peigne n° 3 et mettrai 3 fils par dents
Pour 18 fils / cm je pourrai également choisir le peigne n° 3 et mettre 6 fils par dents, mais l’option du peigne n° 4,5 avec 4 fils par dent sera la meilleure car elle réduira le nombre de fils par dent.

Si je ne tombe pas sur un chiffre rond, je vais ajuster le nombre de fils par dent au plus près mais j’éviterai d’avoir une répartition de fils différente d’une dent à l’autre car cela produirait des irrégularités dans mon tissu.

Lorsque je passe les fils dans le peigne, j’en profite pour vérifier mon enfilage dans les lisses. Ici aussi, je vais commencer par le milieu du peigne et effectuer l’enfilage de droite à gauche puis, de gauche à droite. Je vais refaire des petits paquets de fils et les sécuriser avec un faux nœud coulant. Ici et là je vais aussi contrôler que je n’ai pas rater une dent.

Enfilage dans les lisses et les dents du peigne ¦ Faux nœuds de sécurité

Nouage de la chaîne sur l’ensouple avant

Je m’assure tout d’abord que l’ensouple arrière est bien bloquée.
Je fais passer la barre de l’ensouple avant par-dessus la poitrinière et je la tire un peu de manière à disposer d’un espace confortable pour faire les nœuds.
Je prends une mèche et la sépare en deux. Je passe les moitiés sur puis sous la barre et je ressors une moitié à gauche, l’autre à droite. Je tends les fils mais sans y mettre trop de force et je fais un nœud simple. Les paquets de fils ne doivent pas être trop gros (entre 8 et 12 fils maximum selon la grosseur du fil) autrement les écarts entre les paquets seront trop importants et prendront du temps à être comblés.

Pour exécuter les nœuds, Je choisi des mèches au hasard et non pas à la suite l’une de l’autre. De cette manière la tension sur la barre sera mieux répartie.

Une fois que tous les fils ont été noués une première fois, je réajuste la tension de chaque mèche et j’effectue un deuxième nœud.

Nouage des mèches de chaîne sur la barre avant ¦ Démarrage du tissage avec quelques rangs de toile

Attaches des pédales

Pour attacher les pédales sur un métier à contremarche, se référer au document : « Quel métier choisir > Contremarche > Les attaches ».

Démarrage du tissage

Généralement, 2 pédales sont dédiées pour tisser de la toile. Je presse sur la première de ces pédales et je me penche sur le côté pour observer l’intérieur de la foule et m’assurer que tous les fils se soulèvent correctement. Si ça n’est pas le cas, je corrige l’enfilage en lisse. Une fois que tout est bon, j’appuie sur la deuxième pédale de toile et je vérifie à nouveau ma foule.

Parfois un fil a été enfilé dans la bonne lisse mais avant d’être rentré dans le peigne il a contourné une lisse voisine ce qui va créer un croisement problématique. Une autre erreur qui peut être commise est que le fil suivant est entré dans la dent du fil précédent et vice versa. Cela va aussi perturber la foule.

Je vais maintenant tisser une bande de 2 à 4 cm en « toile » avant d’entreprendre le marchage propre à l’armure choisie. Il se peut qu’à ce stade, je constate d’autres erreurs d’enfilage que je corrigerai avant de poursuivre. Il faut être conscient qu’une erreur d’enfilage va se répercuter sur toute la longueur de la chaîne, il est donc essentiel de la corriger avant de poursuivre le tissage.

Si je constate que mon tissage n’est pas parfaitement doit et qu’il remonte à certains endroits, il est encore temps pour moi d’ajuster la tension des fils.

Finitions

Il existe plusieurs méthodes pour finir joliment les bords supérieurs et inférieurs du tissage.

  • Nouer plusieurs fils de chaîne ensemble, raccourcir les franges et replier ensuite l’extrémité du tissu pour cacher ces nœuds dans un ourlet.
  • Faire un surjet à la machine à coudre puis un ourlet.
  • Si je souhaite garder les franges visibles, le nœud de cravate est une bonne alternative car il produit un nœud solide dont les 2 brins restent bien parallèles.
Etapes pour réaliser un nœud de cravate
  1. Durant tout le processus, seul le brin rouge bouge
  2. Il passe sous le brin bleu
  3. Dessine une boucle, passe sur le brin bleu et sur lui-même
  4. Refait une boucle et passe sous lui-même
  5. Passe à l’intérieur de la première boucle créée au stade 3
  6. On resserre le nœud en tirant sur les 2 brins
  • Faire des points d’arrêt à l’aiguille, au début du tissage après avoir tissé quelques rangs et à la fin du tissage avant de retirer l’ouvrage du métier. Pour ce faire, au dernier rang tissé, je garde une longueur de fil de trame égale à 3 fois la largeur du tissu.
    Je piquer mon aiguille par l’envers 3 rangs en-dessous et 3 ou 4 fils de chaîne plus loin. Je passe l’aiguille sous les 3-4 fils de chaîne précédents afin de les entourer puis, sous le fil de la boucle. Je tirer ensuite délicatement pour resserrer le nœud.
Points de finitions

Ce document est un extrait de des notes prisent au cours de ma formation de 3 ans avec Danièle Mussard.
Auteur : Sophie Namiech
Date: 27 mai 2021